Je suis entrepreneure depuis 10 ans. En peu plus si je considère certains comportements et projets qui faisaient déjà partie de ma vie pendant que j’étais encore en emploi. Je suis du genre plutôt introspectif. Les questions existentielles, ça me connait! L’une d’entre elles : pourquoi ai-je choisi d’être entrepreneure? Ou encore : qu’est-ce qui m’a poussé dans cette voie?
En vieillissant, j’ai réalisé combien notre vécu d’enfant influence notre personnalité adulte. J’ai la chance de pouvoir affirmer que mes frères et moi avons vécu une enfance presque idyllique. Nous n’avons jamais manqué de rien, au contraire. Mes parents n’étaient pas riches financièrement, mais jamais ils ne nous l’ont fait sentir. Le flot de communication restait toujours ouvert entre nous, même à l’adolescence, lorsque chacun menait sa propre vie. Leur présence a eu un impact profond, et leur amour était inconditionnel. Pas seulement pour nous, leurs enfants, mais également pour la famille élargie et nos amis qui étaient toujours accueillis à bras ouverts. Notre frigo était d’ailleurs le leur!
Ces temps-ci, je pense beaucoup à eux et j’ai de vifs pincements au cœur, car c’est à ce moment de l’année qu’ils nous ont quittés l’un et l’autre. Ma mère, Monique, est décédée un 31 octobre. Mon père, Claude, l’a suivie un 7 novembre, à 23 ans d’intervalle. Même si j’adore l’automne, ces quelques semaines sont toujours plus difficiles pour moi.
Dernièrement, en pensant à mes parents, je me suis souvenue qu’ils avaient tous deux été entrepreneurs. Cette constatation m’a toutefois éblouie et m’a profondément touchée. Mon père, un artisan dans l’âme, a tenu une entreprise de construction durant plusieurs années. Il était en fait spécialisé dans la conception de cabinets de cuisine et de salle de bain. Ma mère, après plusieurs années à se consacrer à ses enfants, a exploré le marché du travail avant de choisir d’être travailleuse autonome. Mon père a transformé le sous-sol (son ancien lieu de travail) de la maison pour qu’on puisse devenir maison d’accueil. Ma mère a donc terminé sa jeune vie en étant intervenante pour des adultes atteints à divers degrés de maladies mentales. Ces patients habitaient chez nous, elle était donc responsable de chaque facette de leur bien-être.
Si j’avais à choisir qui des deux m’a le plus influencée en tant qu’entrepreneure, je dirais mon père. Ma mère est décédée très jeune, sans qu’on ait le temps d’explorer ensemble les rudiments du travail autonome. D’autant plus que, les dernières années de sa vie, j’étudiais dans une autre région où je devais passer mes semaines.
Je me suis donc souvent demandé si on pouvait considérer l’entrepreneuriat comme étant une véritable science de la santé, comme la biologie. Ma ligne de pensée découle en fait d’une question un peu plus profonde : qu’est-ce qui fait qu’un humain opte pour l’entrepreneuriat plutôt qu’un emploi? Les divers sites et études consultés s’accordent pour dire que l’entrepreneuriat ne découle pas exclusivement d’un héritage génétique. Toutefois, il est clair qu’il y a un gène quelque part en nous qui nous influence à ce niveau-là, notamment en ce qui concerne les traits de personnalité. On peut les constater à travers une aptitude à identifier les occasions favorables ou la tolérance au risque, par exemple.
La décision de devenir entrepreneur est aussi propulsée par des facteurs comportementaux, environnementaux et acquis. On hérite de ces derniers au moyen de nos apprentissages (capacité à diriger et à se développer) et du contexte socioculturel dans lequel on évolue. Ce dernier inclut la vie familiale et l’environnement professionnel qui encadre nos premières années de travail. Mais ce qui fait vraiment qu’une personne est une entrepreneure née, c’est l’interaction entre tous ces courants, donc le mélange de gènes, d’environnements, de savoirs et autres. L’entrepreneuriat est ainsi le résultat d’une combinaison de facteurs innés et acquis.
Somme toute, il est permis de penser qu’une part de génétique fait son œuvre chez tout entrepreneur, même si ce n’est pas la seule prédisposition. Il ne faudrait surtout pas oublier le mélange de facteurs extrinsèques, comme l’environnement socioculturel, les savoirs acquis au fil des ans et les comportements émulés depuis notre enfance, qui forgent également une grande partie de l’entrepreneur.
©Texte rédigé par une humaine!